Chefs-d'œuvre de Murano

La nouvelle exposition du Musée Maillol est consacrée aux chef-d’œuvres de Murano.

Du 27 mars au 28 juillet, l’exposition retrace sept siècles d’histoire des maîtres verriers vénitiens et raconte l’admiration européenne. 200 objets prêtés au musée marquent cette aventure.

La renommée internationale du verre de Murano n’a jamais décliné, en plusieurs siècles d’existence.

L’histoire commence au XIIIe siècle. En 1201, le Sénat de Venise rédige un décret extrêmement règlementé et oblige les artisans à s’y contraindre.

Les maîtres verriers avaient ordre de garder les secrets de fabrication sous peine de se voir infliger une sentence de mort.

D’abord utilitaire, la production de verre devint un art de grand raffinement et connu son apogée au XVIe et XVIIe siècle.

Les ateliers de Murano ont inventé mille et une techniques pour des objets aux qualités esthétiques incomparables et variées, et ont fait preuve d’une grande fantaisie.

Verre craquelé appelé Ghiaccio (glace en italien), XVIe siècle.

XVIIIe siècle.

Lustre typique de Murano.

*

Influence arabe avec le verre islamique utilisé depuis le VIIIe siècle. Cette technique minutieuse a été utilisée par Venise à partir du XIVe siècle.

Vase contemporain en verre de Murano.

César Baldaccini, 1992. Une façon décalée de travailler le verre.

Le lustre de l’espagnol Javier Perez gît comme un cadavre. Symbole de la vanité contemporaine.

Musée Maillol

61 rue de Grenelle

75007 Paris

01 42 22 27 77

Ouvert tous les jours, de 10h30 à 19h. Nocturne le vendredi jusqu’à 21h30.


Depuis plus de vingt ans , Urvashi Butalia est à la tête d’un mouvement féministe hors du commun en Inde.

Cette historienne est la directrice et fondatrice de la première maison d’édition féministe en Inde, Kali for Women.

A travers ses ouvrages, Madame Butalia se bat pour la cause des femmes. Elle dénonce les violences et les injustices dont les indiennes sont la cible.

Après des études à l’université de Delhi puis à Londres, Urvashi travaille dans l’édition et les médias avant de monter sa propre maison d’édition.

La place des femmes dans le Tiers Monde est méconnue et même ignorée.

Crée en 1984, Kali for Women œuvre contre les préjugés et se tient à l’écoute des femmes indiennes, invisibles dans la société. L’image de la femme est figée et le poids des traditions est encore très ancré dans les mentalités.

Urvashi Butalia est la voix des femmes opprimées. Elle est l’un des écrivains les plus engagés des dernières décennies en Inde.

"Je suis issue d’une famille de classe moyenne. J’ai bénéficié d’une éducation qui m’a permis de m’engager dans le mouvement féministe dès l’université, et d’ouvrir ma propre maison d’édition. Quand j’ai commencé à travailler, j’ai tout de suite constaté qu’il n’y avait aucun livre sur les femmes et les mouvements féministes. J’ai donc consacré la mienne à ce sujet. Il y a eu du scepticisme, on pensait que ce n’était pas important et que ça n’allait intéresser personne. On m’a dit « Il n’y a pas de marché pour les femmes ». Aujourd’hui, toutes les maisons d’édition éditent ce type d’ouvrage. Mon challenge maintenant, c’est plutôt de survivre face à la concurrence."


Violeta Parra 1917-1967.

Chanteuse, compositrice, peintre, poète, Violeta est considérée comme l’une des plus grandes artistes chiliennes.

Elle a révolutionné la musique folk chilienne en apportant un vent de modernité à travers des textes très personnels et des musiques d’une rare intensité. Rythmée au son sa guitare, sa musique est puissante et douce. 

Son père, professeur de musique et alcoolique meurt quand Violeta est encore enfant. Pauvre et démunie, elle réussit à construire un univers singulier et artistique. Son oeuvre est basée sur son parcours à travers le Chili afin de recueillir le patrimoine folklorique populaire. Elle chante les traditions orales perdues et dispersées.

Poétique et inimitable, sa musique se propage jusqu’en Europe et notamment à Paris. Elle expose ses broderies ainsi que ses dessins et entame une tournée en Pologne. Pendant son absence, elle perd la petite fille qu’elle venait de mettre au monde. Ce sera l’un des plus grands déchirements de sa vie.

Elle rentre au Chili et réalise son rêve de créer un music-hall. De nombreux groupes et musiciens latinos vont se produire au sein de son établissement. Mais cela se révèle être un échec et Violeta ne vit que dans l’instabilité et la précarité.

Fragilisée par sa liaison chaotique avec un musicologue suisse, elle met fin à ses jours à l’âge de 50 ans.

Sa chanson la plus connue, Gracias a la vida, a été rendu célèbre par Mercedes Sosa et Joan Baez.

Gilbert Favre et Violeta Parra.

Violeta, libre et fragile. Forte et sensible. Sincère et pure. Malmenée par la vie.

L’actrice Francisca Gavilàn, magistrale dans le rôle de Violeta Parra, dans le film "Violeta se fue a los cielos" sorti en 2011.

Le film est basé sur le roman biographique de Angel Parra, le fils de la chanteuse.

Trois chansons sélectionnées: Volver a los diecisiete, Gracias a la vida et Que pena siente el alma.

http://youtu.be/2ozG2tjy3QM

http://youtu.be/2ozG2tjy3QM

http://youtu.be/SX7wJsfG2sU


Du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013, le Centre Pompidou à Paris consacre au maître du surréalisme une rétrospective inédite.  Trente ans après l’exposition historique qui s’était tenue au Centre Pompidou, l’oeuvre de Dalí est abordée sous toutes les facettes.

Doué d’une curiosité et d’une intelligence hors-norme, Dalí n’a cessé de surprendre par son audace, sa sensibilité du monde, sa compréhension de l’art de manière aussi personnelle  mais aussi par ses excentricités, son mystère et son égocentrisme.

Né le 11 mai 1904 dans le nord de la Catalogne, Salvador Dalí grandit dans un milieu privilégié où la culture fait partie de son quotidien. A 18 ans, il part à Madrid et s’installe à la Residencia de Estudiantes de Madrid. Dès 1922 il découvre alors une effervescence intellectuelle riche et mondaine auprès des étudiants en arts.

Il se lie d’amitié avec Federico García Lorca qui devient son guide et son confident.

En 1930, il part à Paris. Contemplatif, il s’installe la moitié de l’année dans la capitale. Dalí se nourrit de tous les courants artistiques de l’époque mais aussi de toutes les tendances culturelles, sociales et scientifiques.

En 1940, il voyage à New York et décide d’y résider pendant 8 ans. Il fréquente l’aristocratie et la jet-set. Il partage sa vie entre les Etats-Unis, la France et l’Espagne.

Son intérêt pour le rêve et la folie ne cesse de s’intensifier. Il rencontre le cinéaste Luis Buñuel, avec lequel il partagera une grande complicité artistique. Le lien entre la vie et la mort donne à Dalí une inspiration inépuisable.

Passionné par la psychanalyse, il enrichit la théorie surréaliste et invente la méthode paranoïaque-critique.

En 1950, les découvertes scientifiques sur le nucléaire ou encore la physique alimentent son oeuvre. Il explore sa vision mystique et intuitive de la religion catholique.

Dalí ou "la machine à penser", selon Eluard.

Dessin de Salvador Dalí . Entre imagination et sexualité débordante.

L’âne pourri, 1928. Onirique et subjectif.

Dalí, avec en arrière plan un portrait de Gala, qui fut sa muse. Dalí rencontre Paul Eluard lors d’un dîner et tombe immédiatement sous le charme de Gala, la compagne du poète. Gala, qui fut notamment la muse de Max Ersnt et Paul Eluard, devint alors celle de Salvador Dalí.

L’artiste dira: "J’aime Gala plus que ma mère, plus que mon père, plus que Picasso et même plus que l’argent". Issue du milieu intellectuel russe, Gala est, selon le maître, "une guérison psychique". Elle nourrit ses fantasmes et son inspiration pendant plus de quarante ans.

Métamorphose de Narcisse, 1937. Le visible et l’invisible ne font qu’un. La précision des mesures et les couleurs utilisées complètent un questionnement de la vie permanent présent dans chacune de ses toiles.

Le visage de la guerre, 1940. Le peintre joue avec les formes, les visages et les corps. Il donne sa propre interprétation de la mort à travers diverses atmosphères.

Hitler se masturbant, 1973. Provocant et kitsch.

Enfant géopolitique observant la naissance de l’homme nouveau, 1943.

Très marqué par Hiroshima, son oeuvre prend une nouvelle tournure à partir des années 1940. Une sorte de renaissance artistique amène le peintre vers un univers plus religieux et mystique.

L’ascension du Christ, 1958.

La Tentation de Saint Antoine, 1946. Tout flotte miraculeusement dans l’espace.

Les efforts stériles, 1927-1928. Onirique et cosmique.

Le grand masturbateur, 1929. " Chaque fois que je perds un peu de sperme, j’ai la conviction de l’avoir gaspillé. Je garde toujours un sentiment de culpabilité".

Dalí en 1939.

Peintre, sculpteur, écrivain, scénariste et penseur, Salvador Dalí meurt le 23 janvier 1989 dans sa ville natale de Figueras. Il est considéré comme l’un des plus grands peintres de tous les temps et l’un des maîtres du surréalisme. Avec une aisance pionnière, il a su se détacher du conventionnel de manière subtile et inégalée.

L’artiste et son oeuvre se complètent pour former un mythe, le mythe Dalí.

"Il y a des jours où je pense que je vais mourir d’une overdose d’autosatisfaction".


Quelques extraits de Hurlà, écrit par Francescu Viangalli. Paru en 2012 aux Editions Colonna, l’ouvrage est uniquement en langue corse. Voici quelques poèmes que j’ai choisi, traduits en français par l’auteur.

 

Chjara notte chi riposa,

quale sà quant’è me,

l’esiliu è a vicinanza

di e pensate sin’à a terra,

issa terra umida è muscosa

nù l’inguernu di u ritornu?

Claire nuit qui repose,

qui sait comme moi

l’exil et la proximité

des pensées jusqu’à la terre,

cette terre humide et parfumée

dans l’hiver du retour ?

 Nasce in u sonnu

a pussibilità

di ghjimbassi torna

in un’antru corpu

cum’è se ùn fussi

quellu chi si move:

materia accantu

chi poc’à pocu prissente

a verita di u cao.

Muscu è calducciu

chi parturiate da per voi,

fatemi vulta à l’innanzu.

Né du rêve,

le pouvoir d’épouser

la chute d’un corps,

autre que celui

qui bouge :

matière familière

qui seul pressent

la vérité du chaos.

Parfum et tiédeur

qui conceviez vous-mêmes,

offrez-moi une halte

à l’autrefois révéré.

Cum’ellu si accasa 

à sera à veghja, u carminu puru spentu,

in a città grisgina,

stantarati

cum’u turchinu persu

di l’amori balbutulenti.

So tanti è tanti à fiurà,

e menti nanz’à me, fili di passatu o d’avvene,

intricciate è diafane.

Do pertantu in prestu,

u me aria,

stranieru è vivu,

à isse voci preziose,

da pudè sentele fiatà.

Comme on s’égare

le soir à la veillée,

la cheminée pourtant éteinte

dans la cité grise,

figé

comme le turquoise disparu

d’une buée balbutiante.

Les âmes viennent et affleurent

autour de moi,

empreintes du passé et de l’avenir,

intriquées et diaphanes.

Je prête pourtant mon air,

étranger et vif,

à ces voix précieuses,

pour les entendre haleter.


Maître de conférences en Droit internationnal privé à l’université de Grenoble, Francescu Viangalli est originaire d’Ajaccio.

Derrière de grandes compétences juridiques nous découvrons avec bonheur la sensibilté d’un artiste.

En effet, Viangalli porte à l’honneur la langue corse dans un recueil de poésie paru en 2012 aux Editions Colonna.

Urlà: hurler.

Ses poèmes se déclinent en deux chapitres : Alma et Transparenze, dans lesquels l’écrivain nous rappelle les justes bonheurs de la vie. Ainsi, à travers une soixantaine de textes il évoque les souvenirs de la vie dans une nostalgie au verbe chargé d’émotions mais néanmoins plein de légèreté.

"Urlà" où l’auteur crie la vie d’une plume ourlée, pleine d’innocence et de douceur.

Francescu Viangalli répond à Michel Onfray dans un article du Monde sur les langues minoritaires et la diversité linguistique paru en 2010.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/13/michel-onfray-et-les-langues-du-monde_1397497_3232.html


Hommage aux enfants du monde à travers une série de portraits sur les enfants d’Addis Abéba.

IMG_8066

IMG_8170

IMG_8166

IMG_8191

IMG_8230

IMG_8281

IMG_8473

IMG_8184

IMG_8145




Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.